Reportage, par Florent Godard
Alors que se déroule le contre-sommet du G20 à Nice, un autre rassemblement mondial moins médiatisé bat son plein au Mali. Dans l’un des greniers à riz du continent, la lutte contre l’accaparement massif des terres est au centre des débats du « Forum des peuples ». Loin de la croisette de Cannes et des cérémonies en grandes pompes de la présidence française du G20, les organisateurs ont choisi de placer les débats au plus près des problèmes du terrain, dans la petite ville de Niono.
Le Forum des peuples s’est ouvert lundi 31 octobre dans le stade municipal de Niono, ville de 30.000 habitants située à 350 km au nord de Bamako. Sous un soleil de plomb (40°C), dans la poussière, avec une farandole de danses traditionnelles de femmes peules et bambaras, de danses de chasseurs et de chorégraphies d’hommes arborant les masques du pays Dogon.
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24/04/2012
Bad Zurzach : pas de Jatropha
Der Sonntag / MLZ; 22.04.2012
Altes Speiseöl statt Jatropha-Strauch
Green Bio Fuel AG in Zurzach reagiert auf Kritik
ISO AMBÜHL
Wenige Wochen nach dem Baustart für ihre Anlage im Solvay-Areal von Zurzach hat die Green Bio Fuel AG (GBF) ihre Pläne geändert: «Wir wollen neu Biodiesel aus altem Speiseöl und Fett produzieren», bestätigt Sprecher Ulrich Frei Recherchen des «Sonntags». Da der Markt zur Sammlung dieser Abfälle in Europa und vor allem in Asien stark expandiere, setze die Firma künftig zu 90 Prozent auf diesen Biodiesel-Rohstoff. Neu werde die Anlage in einem ersten Schritt vorerst nur 40 bis 50 Millionen Liter Biodiesel pro Jahr produzieren.
Résumé en français: L'entreprise Green Bio Fuel SA, qui a commencé récemment la construction de son usine à Bad-Zurzach, a changé ses plans. Au lieu de Jatropha du Mozambique elle fabriquera du biodiesel à partir d'huiles usagées et de graisse. Au lieu des 135 millions de litres prévus par année, l'usine ne produira que 40 à 50 millions de litres.
Altes Speiseöl statt Jatropha-Strauch
Green Bio Fuel AG in Zurzach reagiert auf Kritik
ISO AMBÜHL
Wenige Wochen nach dem Baustart für ihre Anlage im Solvay-Areal von Zurzach hat die Green Bio Fuel AG (GBF) ihre Pläne geändert: «Wir wollen neu Biodiesel aus altem Speiseöl und Fett produzieren», bestätigt Sprecher Ulrich Frei Recherchen des «Sonntags». Da der Markt zur Sammlung dieser Abfälle in Europa und vor allem in Asien stark expandiere, setze die Firma künftig zu 90 Prozent auf diesen Biodiesel-Rohstoff. Neu werde die Anlage in einem ersten Schritt vorerst nur 40 bis 50 Millionen Liter Biodiesel pro Jahr produzieren.
Résumé en français: L'entreprise Green Bio Fuel SA, qui a commencé récemment la construction de son usine à Bad-Zurzach, a changé ses plans. Au lieu de Jatropha du Mozambique elle fabriquera du biodiesel à partir d'huiles usagées et de graisse. Au lieu des 135 millions de litres prévus par année, l'usine ne produira que 40 à 50 millions de litres.
21/03/2012
La situation à Bad Zurzach
Les promoteurs de l'usine Green Biofuel prévue à Bad Zurzach annonçaient en janvier 2012 le début des travaux sur le site.
Voir l'article en allemand de l'Aargauer Zeitung (avec photo).
Une photographie prise pendant la semaine du 12 mars 2012 montre qu'aucune activité n'a lieu sur le terrain prévu (encadré en rouge sur la photo) !
Voir l'article en allemand de l'Aargauer Zeitung (avec photo).
Une photographie prise pendant la semaine du 12 mars 2012 montre qu'aucune activité n'a lieu sur le terrain prévu (encadré en rouge sur la photo) !
04/02/2012
LES AGROCARBURANTS POLLUENT, nouvelles publications
Évaluation d'une politique publique : la politique d'aide aux biocarburants: voir le rapport de la COUR DES COMPTES, 24/01/2012
Les biocarburants, la morale et l’élection présidentielle
L'avis de Fabrice Nicolino, auteur de « La faim, la bagnole, le blé et nous - Une dénonciation des biocarburants » (Fayard) à propos du rapport de la Cour des Comptes sur les biocarburants
Les biodiesels polluent plus que le pétrole brut
Les biocarburants comme l'huile de palme, le soja ou le colza émettent plus de gaz à effet de serre que les carburants fossiles lorsque les effets du changement indirect d'affectation des terres sont pris en compte, selon des informations de l'UE qui ont été obtenues par EurActiv, 27/01/2012
Agrocarburants : un juteux business sur le dos de la collectivité
Les agrocarburants polluent, contribuent fortement aux émissions de CO2... et coûtent cher à la collectivité. Un rapport de la Cour des comptes analyse les incohérences de la politique française, en particulier les incitations fiscales, aujourd'hui injustifiées. Un système qui bénéficie notamment au fonds d'investissement Sofiprotéol, dirigé par le patron de la FNSEA, Xavier Beulin. BASTA, 01/02/2012
Les biocarburants, la morale et l’élection présidentielle
L'avis de Fabrice Nicolino, auteur de « La faim, la bagnole, le blé et nous - Une dénonciation des biocarburants » (Fayard) à propos du rapport de la Cour des Comptes sur les biocarburants
Les biodiesels polluent plus que le pétrole brut
Les biocarburants comme l'huile de palme, le soja ou le colza émettent plus de gaz à effet de serre que les carburants fossiles lorsque les effets du changement indirect d'affectation des terres sont pris en compte, selon des informations de l'UE qui ont été obtenues par EurActiv, 27/01/2012
Agrocarburants : un juteux business sur le dos de la collectivité
Les agrocarburants polluent, contribuent fortement aux émissions de CO2... et coûtent cher à la collectivité. Un rapport de la Cour des comptes analyse les incohérences de la politique française, en particulier les incitations fiscales, aujourd'hui injustifiées. Un système qui bénéficie notamment au fonds d'investissement Sofiprotéol, dirigé par le patron de la FNSEA, Xavier Beulin. BASTA, 01/02/2012
25/01/2012
Riskantes Vorprellen von Green Biofuel Bern, 25. Januar 2012
Medienmitteilung der Plattform Agrotreibstoffe Zurzach:
Die Firma Green Biofuel hat mit dem Baubeginn der lange angekündigten Agrodiesel-Raffinerie begonnen. Damit will sie in Bad Zurzach offenbar vollendete Tatsachen schaffen, bevor die Politik die laufende Debatte über die umstrittenen “Bio”-Treibstoffe richtig geführt hat. Die Firma geht ein hohes finanzielles und politisches Risiko ein. Und: die Produktion von Agro- Diesel aus afrikanischem Jatrophaöl verschärft den Hunger und belastet die Umwelt.
Obwohl der heutige Spatenstich wohl vor allem dazu dienen soll, die Baubewilligung aufrechtzuerhalten, deren Frist gestern abgelaufen war, wirft das übereilte Vorgehen Fragen auf. Die Anlage ist nur rentabel zu betreiben, wenn die Oberzolldirektion die Treibstoffzollabgabe von gegen 100 Mio. Franken pro Jahr erlässt (133 Mio. Liter à ca. 70 Rp.). Dies ist längst nicht sicher – ein entsprechendes Gesuch ist wegen mangelhafter Angaben durch Green Biofuel ad acta gelegt.
Dem Parlament liegt zudem eine Initiative der Umweltkommission des Nationalrats vor, welche verlangt, dass “anstelle von Kriterien für die Steuerbefreiung von Agrotreibstoffen Bestimmungen für die Zulassung auf dem Markt zu erlassen” sind. Die Kommission verlangt, dass die sozialen und ökologischen Auswirkungen von Agrotreibstoffen besser berücksichtigt werden. Insbesondere darf die Agrotreibstoff-Produktion nicht dazu führen, dass die Nahrungsmittelproduktion konkurrenziert wird oder Wälder dafür gerodet werden. Und die Gewinnung von Agrotreibstoffen soll die Umwelt nicht stärker belasten als die Verwendung von fossilen Energieträgern. Und nicht zu vergessen: 35 Organisationen und über 62’000 besorgte Bürgerinnen und Bürger forderten im Februar 2011 mit einer Petition vom Bund strenge Zulassungskriterien für Agrotreibstoffe in der Schweiz.
Green Biofuel verursacht in dieser heiklen politischen Diskussion einen unzulässigen Druck, indem vollendete Tatsachen geschaffen werden sollen. Dies wird von den unterzeichnenden Organisationen scharf kritisiert.
Wie Green Biofuel selber ausführt, stösst auch der Anbau des Rohstoffs Jatropha in den afrikanischen Produktionsländern auf Probleme. Im bisher favorisierten Mosambik sollten enorme landwirtschaftliche Flächen für die Treibstoffproduktion eingezont werden, was nun auf politischen Widerstand gestossen ist. Kein Wunder: Allein 2007 haben wurden in Mosambik Lizenzen für die Erschliessung von fünf Millionen Hektar Land beantragt – eine grössere Fläche als die Schweiz! Nun weicht Green Biofuel nach eigenen Aussagen auf Länder wie Ghana und Togo aus bzw. will sich den Rohstoff auf dem Weltmarkt einkaufen.
Wie Studien zeigen (Link unten), verdrängt Jatropha den Anbau von Nahrungspflanzen durch Kleinbauern. Und diese ziehen kaum Profit aus dem Anbau der Export-Pflanze. Entgegen den Beteuerungen der Promotoren wird Jatropha fast nur auf bewässerten landwirtschaftlichen Nutzflächen angebaut, unter Verwendung von Dünger und Pestiziden. Dies würde wohl auch im Fall von Green Biofuel zutreffen. Wozu sonst hätte die Firma Versuche mit hochgezüchteten Jatrophasorten durchgeführt, welche nur mit guter Wasser- und Nährstoffversorgung die gewünschten Erträge liefern können?
Links
Parlamentarische Initiative 09.499 – Agrotreibstoffe. Indirekte Auswirkungen berücksichtigen Weitere Informationen Tina Goethe, SWISSAID / Koordinatorin Plattform Agrotreibstoffe t.goethe@swissaid.ch; 031-350 5375; 076-516 5957
Martin Bossard, Biosuisse martin.bossard@bio-suisse.ch; 061 385 96 29; 076 389 73 70
16/12/2011
Agrocarburants
Une nouvelle étude sur Addax Bioenergy montre les investissements problématiques des banques de développement
Article et étude en anglais sur le site de Pain pour le prochain15/12/2011
Intervention au Parlement jurasssien, 23.11.11
L'initiative populaire "La nourriture d'abord!" est tout à fait d'actualité. Les médias suisses-romands consacrent justement le 23 novembre à une journée spéciale sur la sécurité alimentaire.
D'autre part, la prochaine campagne d'Action de carême et de Pain Pour le Prochain est axée sur le droit à l'alimentation. Elle insiste sur les méfaits des agrocarburants. Au 21e siècle, près d'un milliard de personnes dans le monde souffrent de malnutrition et de faim. C'est un scandale dénoncé à tous les niveaux.
L'initiative «La nourriture d'abord !» doit être validée. Pour quelles raisons ?
L’initiative respecte le principe d’unité de matière.
L’initiative respecte le principe d’exécutabilité.
L’initiative défend un intérêt public prépondérant et par là respecte le droit supérieur.
L'initiative est conforme à l'esprit de la Constitution jurassienne.
La liberté de commerce n'est pas absolue, elle peut être restreinte dans certaines conditions.
Le droit fédéral stipule que toute restriction doit être justifiée par un intérêt public ou par la protection d’un droit fondamental d’autrui. Et ce droit fondamental, cet intérêt public, Mesdames et Messieurs, c'est le droit à l'alimentation.
L'initiative ne viole pas le droit supérieur, en particulier la liberté de commerce évoquée par le gvt.
Elle défend l'intérêt général en exigeant un moratoire, qui permettra de mieux connaître les effets à long terme de la culture des plantes énergétiques. Et le Jura pourrait être précurseur !
Pour les initiants, l'intérêt public prépondérant demande d'interdire toute production d'agrocarburants produits à partir de végétaux cultivés dans ce seul but.
Pourquoi ?
La culture de plantes alimentaires pour en faire des agrocarburants aggrave la faim dans le monde.
Les agrocarburants ne contribuent pas au développement, bien au contraire, ils aggravent la pauvreté.
Ils menacent les forêts tropicales et la biodiversité, ils gaspillent l'eau potable.
Ils ne contribuent pas à la lutte contre le réchauffement climatique.
Peut-on défendre la liberté de commerce quand, en l'occurrence, elle peut causer la mort de millions de personnes ?
L'iniiative demande une minime restriction de cette liberté de commerce, dans un intérêt public incontestable, la sauvegarde du droit à l'alimentation.
Elle est exécutable. Elle renforce la législation fédérale dans le domaine des agrocarburants, elle ne la viole pas. Cette législation est en voie de révision, avec des critères plus sévères pour l'importation et pour la défiscalisation des agrocarburants. Notre initiative va dans le sens du droit fédéral, elle le précède même.
Les cantons ont la compétence de légiférer dans des domaines régis par le droit fédéral, quand ils ne contredisent pas le sens ou l'esprit du droit fédéral, ou qu'un intérêt public pertinent le justifie.
Le Jura légifère déjà dans des domaines qui relèvent du droit fédéral.
Les lois cantonales jurassiennes admettent certaines restrictions à la liberté de commerce. Deux exemples:
- l'heure de fermeture des établissements de divertissement,
- l'interdiction de vendre des plantes envahissantes dans la Loi sur la protection de la nature et du paysage.
Autres exemples: l'interdiction de la fumée dans les établissements publics ; l'interdiction de la vente d'alcool et de tabac aux enfants, etc. Dans la même veine, le moratoire de facto sur les éoliennes, décidé par le gouvernement.
Et pourtant ces restrictions à la liberté de commerce sont compatibles avec le droit supérieur, semble-t-il.
L'initiative «La nourriture d'abord !» s'inscrit parfaitement dans la volonté exprimée par le peuple jurassien à l'article 4 de sa Constitution, qui dit que «le Jura est ouvert au monde», et à l'article 53, qui appelle à œuvrer pour le bien-être et le développement des peuples défavorisés.
L'initiative reflète la préoccupation pour la sécurité alimentaire mondiale, l'esprit d'ouverture et de solidarité avec les peuples défavorisés voulu par les constituants et approuvé par le peuple.
Par son volet écologique et social, l'initiative veut réaliser les exigences du développement durable, précisées à l'art. 44a de la Constitution, récemment approuvé en votation populaire par 85% des votants.
La mise en pratique de ces dispositions généreuses et novatrices de notre Constitution mérite bien une petite entorse à la liberté de commerce.
Mesdames et Messieurs,
Invalider une initiative est une décision grave.
2262 personnes ont signé notre initiative. Les signatures ont été recueillies très rapidement, en quelques semaines. Les signataires ont souvent exprimé leur volonté de ne pas être complices de la destruction des forêts tropicales, de l'appauvrissement des populations locales brésiliennes et de l'aggravation de la sous-alimentation dans le monde.
Refuser l'expression de la volonté populaire doit rester une mesure exceptionnelle, qu'on ne peut justifier par du formalisme juridique.
Le respect de l'inviolabilité du droit de vote exige, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, que l'autorité qui se prononce sur la validité matérielle d'une initiative interprète cette dernière dans le sens le plus favorable aux initiants.
Toujours selon le Tribunal fédéral, une initiative doit être déclarée recevable et soumise au vote populaire, si rien ne permet de la déclarer comme étant manifestement et indubitablement inexécutable. L'interprétation conforme doit permettre d'éviter autant que possible les déclarations d'invalidité, conformément à l'adage «in dubio pro populo».
En outre, le principe général de la proportionnalité veut que l'intervention étatique porte l'atteinte la plus restreinte possible aux droits des citoyens, et que les décisions d'invalidation soient autant que possible limitées, en retenant la solution la plus favorable aux initiants.
Une dernière remarque: Le gouvernement fonde l'arrêté d'invalidation sur l'art. 90, al. 1 de la loi sur les droits politiques, qui prescrit qu'une initiative est traitée par le parlement dans les 6 mois. Déposée le 9 juillet 2010, elle devait être traitée en janvier 2011. Ce délai a été largement dépassé. Pour agender le traitement de l'initiative, on n'a pas été aussi légaliste que pour recommander son invalidation.
L'initiative, je le répète, poursuit des buts d'intérêt public prépondérant et des exigences éthiques fondamentales. Ces buts répondent aux critères d'exception du droit supérieur. L'initiative s'inscrit dans l'esprit de notre constitution. Elle procède d'une volonté populaire. Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de refuser l'invalidation de l'initiative «La nourriture d'abord !»
D'autre part, la prochaine campagne d'Action de carême et de Pain Pour le Prochain est axée sur le droit à l'alimentation. Elle insiste sur les méfaits des agrocarburants. Au 21e siècle, près d'un milliard de personnes dans le monde souffrent de malnutrition et de faim. C'est un scandale dénoncé à tous les niveaux.
L'initiative «La nourriture d'abord !» doit être validée. Pour quelles raisons ?
L’initiative respecte le principe d’unité de matière.
L’initiative respecte le principe d’exécutabilité.
L’initiative défend un intérêt public prépondérant et par là respecte le droit supérieur.
L'initiative est conforme à l'esprit de la Constitution jurassienne.
La liberté de commerce n'est pas absolue, elle peut être restreinte dans certaines conditions.
Le droit fédéral stipule que toute restriction doit être justifiée par un intérêt public ou par la protection d’un droit fondamental d’autrui. Et ce droit fondamental, cet intérêt public, Mesdames et Messieurs, c'est le droit à l'alimentation.
L'initiative ne viole pas le droit supérieur, en particulier la liberté de commerce évoquée par le gvt.
Elle défend l'intérêt général en exigeant un moratoire, qui permettra de mieux connaître les effets à long terme de la culture des plantes énergétiques. Et le Jura pourrait être précurseur !
Pour les initiants, l'intérêt public prépondérant demande d'interdire toute production d'agrocarburants produits à partir de végétaux cultivés dans ce seul but.
Pourquoi ?
La culture de plantes alimentaires pour en faire des agrocarburants aggrave la faim dans le monde.
Les agrocarburants ne contribuent pas au développement, bien au contraire, ils aggravent la pauvreté.
Ils menacent les forêts tropicales et la biodiversité, ils gaspillent l'eau potable.
Ils ne contribuent pas à la lutte contre le réchauffement climatique.
Peut-on défendre la liberté de commerce quand, en l'occurrence, elle peut causer la mort de millions de personnes ?
L'iniiative demande une minime restriction de cette liberté de commerce, dans un intérêt public incontestable, la sauvegarde du droit à l'alimentation.
Elle est exécutable. Elle renforce la législation fédérale dans le domaine des agrocarburants, elle ne la viole pas. Cette législation est en voie de révision, avec des critères plus sévères pour l'importation et pour la défiscalisation des agrocarburants. Notre initiative va dans le sens du droit fédéral, elle le précède même.
Les cantons ont la compétence de légiférer dans des domaines régis par le droit fédéral, quand ils ne contredisent pas le sens ou l'esprit du droit fédéral, ou qu'un intérêt public pertinent le justifie.
Le Jura légifère déjà dans des domaines qui relèvent du droit fédéral.
Les lois cantonales jurassiennes admettent certaines restrictions à la liberté de commerce. Deux exemples:
- l'heure de fermeture des établissements de divertissement,
- l'interdiction de vendre des plantes envahissantes dans la Loi sur la protection de la nature et du paysage.
Autres exemples: l'interdiction de la fumée dans les établissements publics ; l'interdiction de la vente d'alcool et de tabac aux enfants, etc. Dans la même veine, le moratoire de facto sur les éoliennes, décidé par le gouvernement.
Et pourtant ces restrictions à la liberté de commerce sont compatibles avec le droit supérieur, semble-t-il.
L'initiative «La nourriture d'abord !» s'inscrit parfaitement dans la volonté exprimée par le peuple jurassien à l'article 4 de sa Constitution, qui dit que «le Jura est ouvert au monde», et à l'article 53, qui appelle à œuvrer pour le bien-être et le développement des peuples défavorisés.
L'initiative reflète la préoccupation pour la sécurité alimentaire mondiale, l'esprit d'ouverture et de solidarité avec les peuples défavorisés voulu par les constituants et approuvé par le peuple.
Par son volet écologique et social, l'initiative veut réaliser les exigences du développement durable, précisées à l'art. 44a de la Constitution, récemment approuvé en votation populaire par 85% des votants.
La mise en pratique de ces dispositions généreuses et novatrices de notre Constitution mérite bien une petite entorse à la liberté de commerce.
Mesdames et Messieurs,
Invalider une initiative est une décision grave.
2262 personnes ont signé notre initiative. Les signatures ont été recueillies très rapidement, en quelques semaines. Les signataires ont souvent exprimé leur volonté de ne pas être complices de la destruction des forêts tropicales, de l'appauvrissement des populations locales brésiliennes et de l'aggravation de la sous-alimentation dans le monde.
Refuser l'expression de la volonté populaire doit rester une mesure exceptionnelle, qu'on ne peut justifier par du formalisme juridique.
Le respect de l'inviolabilité du droit de vote exige, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, que l'autorité qui se prononce sur la validité matérielle d'une initiative interprète cette dernière dans le sens le plus favorable aux initiants.
Toujours selon le Tribunal fédéral, une initiative doit être déclarée recevable et soumise au vote populaire, si rien ne permet de la déclarer comme étant manifestement et indubitablement inexécutable. L'interprétation conforme doit permettre d'éviter autant que possible les déclarations d'invalidité, conformément à l'adage «in dubio pro populo».
En outre, le principe général de la proportionnalité veut que l'intervention étatique porte l'atteinte la plus restreinte possible aux droits des citoyens, et que les décisions d'invalidation soient autant que possible limitées, en retenant la solution la plus favorable aux initiants.
Une dernière remarque: Le gouvernement fonde l'arrêté d'invalidation sur l'art. 90, al. 1 de la loi sur les droits politiques, qui prescrit qu'une initiative est traitée par le parlement dans les 6 mois. Déposée le 9 juillet 2010, elle devait être traitée en janvier 2011. Ce délai a été largement dépassé. Pour agender le traitement de l'initiative, on n'a pas été aussi légaliste que pour recommander son invalidation.
L'initiative, je le répète, poursuit des buts d'intérêt public prépondérant et des exigences éthiques fondamentales. Ces buts répondent aux critères d'exception du droit supérieur. L'initiative s'inscrit dans l'esprit de notre constitution. Elle procède d'une volonté populaire. Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de refuser l'invalidation de l'initiative «La nourriture d'abord !»
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